Ce mois-ci, l’AEÉCQ se penche sur le coût réel de ces décisions tardives et sur la nécessité d’un changement de paradigme.
Tout professionnel de la construction le sait : effacer un mur sur un plan prend quelques secondes, mais le déplacer sur un chantier en cours d’exécution coûte une fortune. C’est le principe fondamental de l’impact des décisions dans le cycle de vie d’un projet. Pourtant, malgré cette réalité bien connue, l’intégration des spécialistes des coûts se fait souvent beaucoup trop tard.
Le piège de l’estimation de fin de parcours
Historiquement, le processus de conception suit souvent un fonctionnement en silo. L’architecture et l’ingénierie développent le projet, puis, à la veille de l’appel d’offres, les plans sont envoyés à un estimateur pour validation budgétaire.
Si le budget est dépassé à cette étape, les options sont limitées et douloureuses : couper dans la qualité, amputer le projet de certaines fonctionnalités, ou retourner à la table à dessin, ce qui entraîne des retards majeurs. Ces « décisions tardives » découlent directement d’un manque d’alignement initial entre la vision technique et la réalité financière.
Combiner technique et finances dès le jour 1
L’alternative prônée par l’AEÉCQ est l’intégration de l’économiste de la construction dès les phases d’idéation et de pré-concept.
Faire asseoir un spécialiste des coûts à la même table que les concepteurs et les donneurs d’ouvrage permet une synergie puissante. L’estimateur ne joue plus le rôle de « vérificateur final », mais bien de conseiller stratégique. Il modélise les implications financières des différents scénarios architecturaux ou structuraux en temps réel. Cette approche permet d’identifier les conflits potentiels liés à la constructibilité, à l’approvisionnement ou aux coûts des matériaux avant même que les premières lignes ne soient tracées de façon définitive.
Éviter les dépassements de coûts : un travail d’équipe
L’objectif n’est pas de brider la créativité des concepteurs, mais de lui offrir un cadre financier réaliste et sécuritaire. En combinant l’expertise technique à une maîtrise rigoureuse des coûts dès le départ, les équipes de projet s’assurent que chaque décision prise génère le maximum de valeur pour le client, tout en minimisant les risques de dépassements.
L’expertise de l’estimateur est un bouclier contre l’incertitude. Plus il est levé tôt, plus il est efficace.
Poursuivons la discussion
L’évolution de nos pratiques est l’affaire de toute l’industrie. L’AEÉCQ vous invite à partager votre réalité sur le terrain :
À quelle étape du cycle de vie d’un projet intégrez-vous généralement les spécialistes des coûts au sein de vos équipes ou pour vos clients ?
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