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Juge et partie : Le défi de l’indépendance

Juge et partie : Le défi de l’indépendance

Publication 2026

2026-07-06

Eric Savard

⚖️ Juge et partie : Le défi de l’indépendance dans la gestion des coûts

En matière d’infrastructures et de grands projets de construction, la transparence n’est pas une option : c’est une exigence de chaque instant. Pourtant, un défi de taille persiste trop souvent dans les coulisses de l’industrie : le risque d’être à la fois juge et partie.

Pour garantir l’intégrité financière d’un projet, l’AEÉCQ soutient fermement qu’une ligne claire doit être tracée. L’expertise en coûts ne peut pas être un simple sous-produit de la création; elle doit être neutre, objective et rigoureusement indépendante.

Pourquoi cette séparation est-elle si cruciale pour l’industrie ?

? La séparation fonctionnelle : un garde-fou essentiel L’AEÉCQ recommande une séparation fonctionnelle stricte entre les activités de conception et l’évaluation financière. Lorsqu’une même entité dessine le projet et en évalue les coûts, le risque de biais cognitif ou de complaisance augmente. Isoler l’évaluation financière permet de poser un regard externe et lucide sur les choix architecturaux et techniques.

? L’indépendance comme vecteur de transparence Un économiste ou un estimateur de la construction indépendant n’a qu’un seul objectif : la juste valeur. Sans intérêt direct dans le design choisi ou dans l’attribution subséquente des travaux, ce professionnel neutre agit comme un tiers de confiance. Il valide la faisabilité budgétaire réelle, sans fard et sans compromis.

? L’angle à retenir : La gestion financière ne doit pas valider le design; elle doit l’encadrer. Seule une expertise de coûts indépendante permet de lever le voile sur les risques financiers réels avant qu’il ne soit trop tard, assurant ainsi une saine gestion des budgets.

? La discussion du jour : Face aux défis complexes que connaissent nos infrastructures au Québec, la question de la gouvernance est plus que jamais d’actualité.

Croyez-vous que l’indépendance de l’estimation est la clé essentielle pour protéger les fonds publics dans nos grands projets ?

Partagez votre point de vue et vos réflexions en commentaire ! ?



Commentaires

Christian Perreault

2026-08-05

L’indépendance de l’estimation n’est pas une option : c’est la base minimale de toute gouvernance saine, autant dans les projets publics que privés. Lorsqu’un concepteur recommande le coût d’un projet qu’il a lui-même conçu, le conflit d’intérêts est automatique. Il devient impossible d’assurer l’impartialité nécessaire aux décisions techniques, financières et administratives qui suivent.

Je constate actuellement les effets directs de ce manque d’indépendance dans le déroulement des activités de construction. Malgré des arguments fondés sur les règles de l’art, les meilleures pratiques et les principes administratifs reconnus, les refus que je reçois ne sont accompagnés d’aucune justification technique. Ce silence n’élimine pas le problème : il le confirme.

La responsabilité réelle repose sur le propriétaire et le maître d’ouvrage. Ce sont eux qui doivent avoir le courage de questionner la pertinence du projet avant d’en approuver les coûts — plutôt que de chercher à valider une décision déjà prise.

Et il faut aller plus loin : l’indépendance ne suffit pas. L’estimation doit être incorruptible, protégée des pressions politiques, commerciales et organisationnelles. C’est la seule manière de protéger les fonds publics… et les investissements privés.